Étude macroéconomique du secteur du Bio – Nicolas BOUZOU

novembre 21, 2016

Conférence de presse de Natexbio  : résultats de l’étude macroéconomique du secteur Bio, réalisée par l’économiste Nicolas Bouzou


La Conférence de presse s’est tenue à Paris le 9 novembre 2016, organisée par La Fédération Natexbio, pour présenter les résultats de l’étude macroéconomique réalisé par Nicolas BOUZOU à la demande de la Fédération Natexbio – http://www.natexbio.com/
L’économie mondiale est engagée dans vague de destruction-créatrice inédite à l’échelle de l’histoire humaine. Cette vague se traduit par une accélération simultanée des destructions et des créations d’activités, d’emplois et d’entreprises. Elle affecte tous les secteurs y compris les secteurs « traditionnels » comme l’agroalimentaire, les cosmétiques ou le textile. Comme le montrent nos chiffres, le secteur de la transformation bio se situe du côté de la création, ce qui justifie qu’il fasse l’objet d’investigations statistiques approfondies.

Seulement, comme toujours quand un secteur émerge, nos vieux outils de mesure ne permettent pas de le saisir. L’Insee ne différencie pas les segments bios des segments « classiques » dans les industries agroalimentaires, cosmétiques ou textiles. Les chiffres de l’Agence Bio s’intéressent à la production agricole et au marché final mais pas un mot sur les transformateurs. Pourtant, les entreprises de transformation bio sont au cœur de la réussite du marché : le lancement de nouveaux produits, le maintien d’une qualité élevée et l’accessibilité de la bio reposent sur ce maillon de la chaîne.

Quand l’étude précédente (menée en 2014) avait mis en lumière le segment agroalimentaire, la nouvelle version se penche sur la bio dans toute sa diversité. Cette année, la cosmétique bio et les textiles bios seront analysés dans nos pages. Pour ce faire, une experte du secteur textile, Anne Dupuy est venu appuyer notre travail avec une contribution décisive. L’étude 2016 évoquera aussi le marché des compléments alimentaires biologiques. En sus, notre travail se penche sur un maillon supplémentaire de la chaîne : la distribution spécialisée. De grandes manœuvres sont en cours à ce niveau et elles influencent fortement l’évolution du marché.

Les premiers chiffres disponibles sont ceux de la transformation dans l’agroalimentaire. La croissance continue d’y être exemplaire et pour ainsi dire inégalée sur les autres champs économiques. Le chiffre d’affaires du secteur a ainsi augmenté d’environ 15% par an entre 2013 et 2015. Cette croissance s’explique par intensité forte en innovation : en 2014 et 2015, plus de la moitié des entreprises sondées ont lancé un nouveau produit. Les investissements explosent et en conséquence, les gains de productivité sont très forts, ce qui promet une croissance forte au secteur à l’avenir, mais contraint les créations d’emplois (qui sont néanmoins nettement positives).

Cet effort d’innovation doit être poursuivi car on note déjà une baisse des marges dans ce secteur qui n’est pourtant pas encore mature. La concurrence augmente sur la transformation bio et le secteur se « normalise », c’est-à-dire que ses marges se rapprochent des marges classiques de l’industrie agroalimentaire. Le principal risque pour les acteurs est donc déflationniste, ce qui devrait encourager un mouvement de concentration du marché.

A l’avenir, le développement de la filière bio passe par l’affirmation d’une complémentarité avec le non-bio. Ce point est particulièrement visible dans l’agro-alimentaire ou l’opposition entre agriculture intensive et bio est contreproductive, d’autant qu’elle sera amenée, avec l’évolution des technologies, à devenir de plus en plus tenue. Ce sont, in fine, aux consommateurs de décider, mais en connaissance de cause, ce qui justifie de rester rigoureux sur l’attribution des labels et la traçabilité des produits.

Les nouveaux secteurs évoqués symbolisent une caractéristique forte de la bio : c’est un mode de production en pleine croissance, non seulement sur son cœur de métier traditionnel mais aussi sur de nouveaux marchés. Le monde change, la bio y participe et c’est toujours passionnant de se pencher sur ces évolutions. Nous avons déjà hâte de la prochaine enquête pour continuer à nous pencher sur un sujet central : comment la bio fait pour grandir tout en conservant sa spécificité ?

+ d’infos : conference-natexbio-du-9-novembre-etude-macroeconomique-sur-le-secteur-de-du-bio

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