L’UNFD ET SYNADIS BIO : l’union fait la force

L’UNFD ET SYNADIS BIO : l’union fait la force

2 mars 2016

En décembre dernier, Synadis Bio (Syndicat National des Distributeurs Spécialisés de produits Biologiques et
Diététiques) a rejoint l’UNFD. Madame Françoise Beunardeau, sa Présidente, nous explique les raisons de ce
rapprochement et nous fait découvrir son secteur et ses enjeux.

CAPS : Quel a été votre parcours professionnel ?

F. Beunardeau : J’ai débuté ma carrière en 1981 au sein du Groupe de Surgelés GEL 2 000 possédant 550 points de vente en Europe, d’abord comme Directrice des achats puis Directrice générale pendant 10 ans. Je me suis lancée à mon compte en 1997 avec la création d’un premier concept de magasins Bio AKINEO dans Paris, décliné
sur trois magasins de 250 à 300 m2. En 2008, j’ai initié un second concept de supermarché Bio de 600 m2, sous l’enseigne Ecologia Bio en Ile-de-France et ouvert successivement trois points de vente entre 2008 et 2012.

Simultanément, j’ai constitué en 2003 un groupement d’achats de magasins bio indépendants, GV BIO, qui réunit 20 magasins pour un chiffre d’affaires cumulé en 2015 de 30 millions d’euros. A partir de 2004, j’ai aussi pris des responsabilités au sein de la Fédération NATEXBIO dont je suis Administratrice, puis en 2007, au sein du Syndicat professionnel des magasins spécialisés bio Synadis Bio dont je suis devenue la présidente en novembre 2013.

CAPS : Pouvez-vous nous parler de votre syndicat ?

F. Beunardeau : SynadisBio a été créé en 1999 pour représenter et défendre l’ensemble des commerçants spécialisés en produits biologiques et diététiques. La mission de notre syndicat national est de défendre et représenter les
intérêts des magasins de détail en produits biologiques tant au plan national qu’international pour développer qualitativement et quantitativement l’activité de ses membres. La formation des salariés du secteur et la promotion d’une distribution éthique, de qualité et de proximité font également partie des actions développées par notre syndicat.

Les adhérents de SynadisBio sont multiples et variés et c’est ce qui fait la richesse de notre organisation professionnelle qui rassemble aussi bien des enseignes nationales intégrées que de nombreux magasins indépendants (plus de 50 %).

CAPS : Pourquoi ce rapprochement avec l’UNFD ?

F. Beunardeau : Nous étions jusqu’alors adhérent de la FNDECB mais nous avons décidé de nous rapprocher de l’UNFD. Cette décision a été prise à l’unanimité du Conseil d’Administration de notre syndicat. Avec l’UNFD, nous partageons les mêmes valeurs d’éthique et de responsabilité, les mêmes objectifs et les mêmes principes de gouvernance. Nous sommes pleinement associés aux décisions. Nous allons pouvoir construire avec l’UNFD nos avancées sociales dans le cadre de la convention collective de notre branche. Ainsi, nous allons travailler ensemble sur les prochains dossiers comme la refonte de la classification, la protection sociale au sens large ou la formation professionnelle. Ce dernier sujet est prioritaire car les magasins spécialisés bio ont pour vocation d’aider les consommateurs à manger différemment, à trouver un bon équilibre alimentaire, en proposant des produits alliant biodiversité et variété nutritionnelle.

Nous devons être en mesure de conseiller les clients et de les aider à repérer les produits bio qui leur conviennent dans un assortiment de plus de 4 000 références – un chiffre qui peut atteindre les 10 000 – disponibles dans nos magasins. Il est donc important de développer des formations spécifiquement dédiées aux équipes de nos points de vente afin de renforcer leurs aptitudes à répondre aux attentes des consommateurs en matière d’information, de conseils et de services. Avec l’UNFD, nous avons la même vision pour défendre et promouvoir le commerce spécialisé de proximité. Pour pérenniser nos commerces, il nous faut nous différencier et préserver nos circuits d’approvisionnement. Comme les Primeurs, nos magasins s’emploient à faire redécouvrir des produits de saison, à consommer local et bien entendu à soutenir les filières de production. A noter que le poids du rayon fruits et légumes est loin d’être négligeable puisqu’il représente environ 20 % des ventes.

CAPS : Pouvez-vous nous décrire votre secteur ?

F. Beunardeau : Les spécialistes Bio comptent plus de 10 000 salariés. Ils rassemblent 2 415 magasins indépendants ou membres d’un groupement d’indépendants ou encore appartenant à une enseigne nationale intégrée et représentant plus de 500 000 m2 de surface vente. La surface moyenne des magasins est de 208 m2. Le montant total des achats consommateurs en 2015 s’élève à 5,5 milliards d’euros.

CAPS : Quelle est la santé du secteur Bio aujourd’hui ?

F. Beunardeau : Notre secteur ne connaît pas la crise. Dans un contexte économique délicat, le marché du bio fait figure d’OVNI. En effet, avec une croissance des ventes de plus de 10 % en 2014 et 2015, ce segment a de quoi faire pâlir d’envie l’industrie conventionnelle. Car le bio séduit de plus en plus de consommateurs, et plus seulement les puristes. Pour preuve, selon l’Agence bio, le marché français devrait atteindre 6,7 milliards en 2018, ce qui représentera alors 3,7 % du marché alimentaire total. Le bio reste une niche, mais une niche prospère, dont la clientèle va désormais bien au-delà du cercle des militants de la première heure. Les études montrent que 88 % des Français consomment au moins occasionnellement (une fois par mois) des produits bio. Ce type de consommation s’est généralisé en une décennie. Alors qu’en 2003, 46 % des Français déclaraient ne jamais consommer bio, ils ne sont plus que 12 % aujourd’hui. Et 92 % des consommateurs affirment avoir l’intention de maintenir, voire d’augmenter leurs achats bio dans les six mois à venir.

CAPS : Quels sont les enjeux pour les commerces indépendants ?

F. Beunardeau : Les spécialistes bio souffrent de la concurrence de la grande distribution : les produits bio, autrefois uniquement commercialisés par les commerces de détail spécialisés, sont désormais vendus dans les grandes surfaces qui captent près de 50 % des parts de marché en valeur. Dans ce contexte, les spécialistes bio tendent à se regrouper afin de bénéficier de conditions d’achats avantageuses leur permettant de rester compétitifs tout en préservant un niveau de marge suffisant pour pérenniser leur activité. Ils se distinguent par la profondeur de leur gamme, les conseils personnalisés aux clients, et par une recherche sans concession de produits de qualité. Le conseil dispensé en magasin bio fait partie des axes de différenciation. En effet, dans le point de vente, le personnel s’attache à donner des informations sur l’origine, les modes de consommation des produits et l’équilibre alimentaire. Si l’alimentaire représente environ 80 % de l’assortiment, les produits cosmétiques et d’hygiène sont aussi présents dans les linéaires. Nos vendeurs sont ainsi formés à la naturopathie, la diététique, l’aromathérapie et la « naturalité ». La relation avec le consommateur reste la clé du succès pour les commerçants spécialistes bio.

CAPS : Quel tournant ont déjà amorcé les commerçants Bio pour l’avenir ?

F. Beunardeau : Nos commerces ne peuvent rester en retrait par rapport aux réseaux sociaux et aux nouvelles technologies s’ils veulent capter les nouveaux consom’acteurs. Outre les magasins physiques, les distributeurs spécialisés se modernisent et intègrent désormais de nouveaux canaux de vente notamment des sites Internet marchands ou « des click & collect ». Mais le conseil restant primordial, le commerce physique dispose encore de beaux jours devant lui, à la condition néanmoins de conserver et renouveler constamment notre professionnalisme.

Source: CAPS, Magazine de l’UNFD – Le Magazine des Commerces Alimentaires de Proximité (numéro 174 – Février 2016)

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